Accueil > Voix au chapitre : Quand elle fêtait sa Fiévreuse adolescence. > 16 ans déjà ! Fiévreuse adolescence.

16 ans déjà ! Fiévreuse adolescence.

vendredi 17 septembre 2010, par Gérard Lambert - Ullmann

16 ans déjà !

Il fallait célébrer ça. Les anniversaires, ça se fête. C’est un rituel obligé dans le monde des « entreprises ». Mais c’est bon aussi, ce prétexte à montrer ses muscles, montrer qu’on a su tenir les rênes de ce bestiau dont on ne savait pas à quel point il peut ruer dans les brancards : un commerce ; pire : un petit commerce, et un des pires, des moins rentables : une librairie ! C’est bon cette occasion de pouvoir dire à ceux qui hier vous prophétisaient l’échec assuré ; aux banquiers qui vous sommaient de « rentrer dans les clous », à ceux qui vous jetaient comme un chiffon sale avec l’air d’avoir peur d’attraper vos poux : tu vois, petit gars, malgré toi j’ai réussi à construire quelque chose !
Plaisir, donc, d’imaginer arroser ça avec les potes, les fidèles, les gentils, ceux qui ne viennent pas là par hasard (Oui, je sais, c’est une formule totalement galvaudée mais, chez moi, ce n’est pas de « la com’ »).
Mais, allez savoir pourquoi, il faut que ce soit sur un chiffre rond, que ça se fête, aux dix ans, quinze ans ! Avant, ça fait trop pressé, après ça fait virage loupé.
15 ans, donc, d’existence de la librairie, à célébrer. Parce qu’à la dizaine on n’avait pas les moyens. 15 ans passés, hein, attention : on n’est pas du genre de ceux qui fêtent leurs quinze ans à 14 ans et une seconde !
15 ans, donc, qu’on ne pensait pas saluer Bling-Bling au Fouquets’ ou à l’Hermitage, mais pour lesquels on avait imaginé un petit truc sympa : une brochure imprimée qui rassemblerait des textes écrits par des habitués de la librairie. Plutôt que de faire comme beaucoup de confrères : demander à des auteurs connus un petit mot d’éloges, bien que sachant que bon nombre n’auraient pas boudé l’exercice, il nous semblait que les « clients lambda » fidèles de la librairie écriraient aussi bien, et tout aussi sincèrement, pourquoi ils apprécient Voix au chapitre. On avait dit aussi que ce ne devait pas être forcément un éloge, mais tous ont sorti la pommade. Comme elle sent bon, on ne va pas s’en plaindre. Le résultat, en effet, était plus que plaisant : de la finesse, de l’humour, de la tendresse, tout pour faire fondre le libraire.

C’était l’an dernier.
Mais quand la « crise » fut venue, le libraire dut déchanter : pas de quoi, même en raclant les fonds de tiroir caisse, payer ce projet, pourtant modeste. Priorité à l’achat des bouquins, au loyer, aux « charges », au maintien de la librairie sur ses béquilles.
Et, de report en report, on se retrouve un an plus tard avec la frustration de n’avoir pas fait ce qu’on voulait et les questions étonnées de ceux qui avaient pris la plume : Alors, quoi, cette brochure ?
Mais on ne peut toujours pas imprimer, faire joli.
Alors, comme on ne veut pas que tout ça se perde, on met ça sur le « site » de la librairie. Bien moins cher, plus facile. C’est mieux que rien. Voila.

Fiévreuse adolescence.

Nous ne pouvons espérer échapper à la stérilité du travail qu’en nous consacrant à celui qui nous convient vraiment.

Stevenson
Un roi barbare

J’ai créé ma propre entreprise. Parce que je préfère être responsable de moi-même. Je suis mon propre patron. Je travaille comme un espagnol. Sans compter mes heures. C’est dur. Ça peut sembler con. C’est parfois chiant. C’est le prix actuel de ma liberté. ( ! ) Ceux qui ne se battent pas pour travailler moins afin d’être plus libre, comme ceux qui ne sont pas prêts à travailler plus pour être moins esclaves, sont des Jean-Foutre.

Lucio
Ma morale anarchiste

Une librairie est un échafaudage que l’on acquiert pour bâtir le futur.

Ramón Gómez de la Serna
Gregerias

16 ans, donc. 16 ans sur la corde raide ; à se perdre en calculs de trésorerie : est-ce que j’ai les moyens de commander ça ? Est-ce que je peux offrir à cet écrivain plus que deux rondelles de saucisson ? Est-ce que je peux me payer plus qu’un demi-smic ? (Non !) 16 ans à négocier des reports d’échéance, à essayer d’empêcher que le compte soit bloqué, à supplier les chefs comptables des fournisseurs, implorer les banquiers, peiner à rembourser, etc.
16 ans de nuits et de week-ends le nez dans la compta, le courrier, les litiges, les commandes. 16 ans sans presque de vacances mais à se faire engueuler quand on en prend une semaine : « J’suis passé, t’étais encore fermé ! »
16 ans à essayer de faire le tri dans les milliers de titres paraissant chaque année, à pester contre les erreurs de commande, les retards de livraisons, les colis abîmés, perdus, etc.
16 ans à se coltiner du carton, faire des vitrines, réparer le chauffe-eau et les prises électriques, s’irriter contre le fax et internet et « toutes les lignes de votre correspondant sont occupées », les « je vous rappelle » qui ne rappellent jamais.

16 ans à essayer de dire que ce n’est pas parce qu’on n’a pas parlé de ce bouquin « à la télé » que ce n’est pas un bouquin superbe, et que, non, il n’existe pas de livre strictement consacré au 367ème boulon de la coque du paquebot France, ni à l’histoire de l’impasse des moldus en 1949, et que, « oui, c’est dommage, mais vous n’avez qu’à l’écrire », et aussi que, non, le livre que son prof a dit à votre fils et à ses petits camarades d’acheter n’est plus disponible depuis dix ans, et il serait temps qu’il rénove sa bibliothèque.

16 ans à courir pour ouvrir à l’heure et à avoir la patience de fermer après l’heure.

16 ans à se demander si c’est cette année qu’on va devoir mettre la clé sous la porte.

16 ans, donc, sur la corde raide mais ! en dansant.
Car : Bonheurs de découvertes de livres (Merci, l’insomnie), rencontres d’écrivains, d’éditeurs, de lecteurs.
Lectures excitantes, palpitantes, émouvantes.
Débats fervents, discussions passionnantes, engueulades enrichissantes, et des chants et des rires : soirées qu’on voudrait ne voir jamais finir !
Et le bonheur de s’entendre dire que le livre qu’on a conseillé à « beaucoup plu ».

16 ans, donc, de masochisme gratifiant.

Alors, quoi ?
On continue, bien sûr.

Gérard Lambert-Ullmann

Remise des médailles :

À Dominique sans qui cette librairie n’aurait pas existé et résisté.

À Jeannick et Michelle sans lesquelles elle n’aurait pas tenu si longtemps.

À Catherine devenue marathonienne du livre.

À ceux et celles qui ont, d’une manière ou d’une autre, mis de l’argent dans cette mauvaise « affaire » au lieu de le confier aux traders.
À ma maman pour la même raison.

À tous ceux et celles qui ont donné un coup de main au bon moment, et qui se connaissent (C’est le meilleur moyen de ne pas en oublier et faire des mécontents !) Mais tout de même, plus, à Fred qui n’est pas qu’un bon Darien et à Jean Yves qui connait la chanson.

À la bande de l’Écrit parle, à ceux et celles d’Athénor, du Fanal, d’Icare, de la MEET, de la Médiathèque, des bibliothèques, d’ Écrivains en bord de mer, des Escales, du Sel des mots.

À l’Adelc, au CNL, la Drac, au CRL, aux services culturels de la ville de Saint Nazaire.

Aux journalistes attentifs.
Aux représentants qui font bien leur boulot.
Aux éditeurs complices.
Aux libraires complices et plus précisément à ceux de Vent d’ouest (Nantes) et à ceux d’Initiales (avant le vinaigre).

À Pascal Lamour dont le trou dans l’eau jamais ne se refermera.

Qu’ils disent ! !

Pourquoi j’emprunte la voie du chat pitre

Décidément, je ne serai jamais de mon temps...
Il y a trop d’endroits où l’on se retrouve en trop grand nombre à faire les mêmes choses, à rechercher les mêmes loisirs, les mêmes tout en quelque sorte. Les « clubs machin », les mastodontes « trucmuche » de la culture, les émissions littéraires « ronron » faussement branchées...
Or, on aimerait n’avoir que des produits sur-mesure, des commerçants de proximité qui semblent n’avoir que nous ou presque comme client, des boutiques exiguës avec presque pas de place, des libraires taciturnes qui proposent des livres qui nous attendent dans un coin, rien que nous.
Chez ce libraire là, on s’approche de ça, la moustache en plus ; je lui souhaite de ne pas devenir trop gros (sa boutique), c’est égoïste mais je préfère, je n’aime pas les grosses (les boutiques toujours !).
Un jour, il m’a prêté (s’en souvient-il ?) un beau livre sur son fonds personnel ; parce que faut dire qu’il a les livres que je ne cherche même plus ailleurs, et des auteurs qui viennent causer au fond (de la boutique bien sûr mais aussi des choses).
Voilà pourquoi je vais là m’approvisionner en livres ; le livre cet objet, cet ami qui fait très « siècles d’avant », d’avant l’internet, d’avant la culture de masse télévisuelle...et pipolisée.
Non, décidément je ne serai jamais moderne. À moins que...au fond (non, pas de la boutique cette fois !) ce ne soit le contraire...

Anonyme (début XXIème siècle)
Identifié par nos Renseignements généreux comme étant probablement F. P.

Salut, batelier !
Hier me semble-t-il, mais selon tes dires il y a quinze ans, j’étais familier du domicile d’une dame qui habitait Avenue de la République, en face de la librairie que tu ouvrais. Nous avons donc été parmi les tout premiers visiteurs (et même clients) de ’La Voix au Chapitre’, et vite familiers de son créateur, Gérard Lambert.
Si ce n’était pas hier, ce n’était qu’avant-hier. Tu as depuis déménagé, la dame aussi, moi aussi. Il se trouve - la vie est bizarre - que cette dame s’est éloignée à des milliers de kilomètres et que nous nous sommes rapprochés, toi et moi, dans la même Rue Jean Jaurès.
Avant ces temps nazairiens, tu étais marinier, batelier sinon bateleur.
Il t’en reste quelque chose. Le passage des écluses peut-être, cet art de ’faire avec’ tout en maintenant farouchement ta liberté de naviguer. Entre livres et amis.
A ma façon, je connais !
Amitiés,

Rém*

Je me souviens du 102 Avenue de la République.
Je me souviens des marque-pages des éditions Allia.
Je me souviens que Gérard L-U est bricoleur, en plus.
Je me souviens que Lisa Bresner n’était pas une libellule.
Je me souviens qu’on appelait « chapitre », dans un monastère, une assemblée de doctes moines où tout le monde n’avait pas « voix ».
Je me souviens que le 67 rue Jean Jaurès était une coutellerie fameuse : ce sont décidément des affûteurs qui oeuvrent à cette adresse.
Je me souviens que Georges Perec (†1982) n’a pas pu connaître
« Voix au chapitre ».

Jean Paul Thomas

CauchemarLa Voix au chapitre disparaît ! .
Mais alors que vais-je lire, l’automne venu ? Monsieur Goncourt, Madame Fémina ou leurs copains Interallié et autres ?
Qui me conseillera de prendre absolument le Train de nuit pour Lisbonne, ou de me précipiter dans le vide en toute confiance avec Sereine Berlotier. Et si d’aventure, il prenait l’envie à Llamazares d’écrire de nouveau, comment le saurais-je ?
Et puis, à qui pourrais-je dire tout le mal que je pense du dernier roman de cet auteur dont toute la critique a dit tant de bien ?
Résignée, je vais chez Edouard, dans son Espace culturel, j’ai déjà la main tendue vers la pile aguichante du nouveau Marc Lévy...C’en est trop, je me réveille. Ouf ! Ce n’était qu’un mauvais rêve !
La librairie est toujours là ! Merci, Monsieur le libraire pour vos textes, vos enthousiasmes, vos parti- pris, vos soirées avec ou sans auteur, et même pourquoi pas, vos humeurs changeantes !
15 ans, dîtes-vous ? Je n’y crois pas ! C’était hier, au fin fond de l’Avenue de la République !
Amicalement

Raymonde Marionneau

Il va partir. Il part. Il est parti.
La Voix au chapitre va fermer.
On ne franchira plus la porte de la librairie où nous étions assurés de retrouver la famille, les membres de la famille, certains, cousins, petits cousins, plus ou moins éloignés, mais jamais auteur-e haïssable, et les très proches, nos frères, les Michon, les Bergounioux, les Bon, les Lobo Antunes, sûr qu’ils y seraient, attablés aux places de choix, l’endroit où les y rencontrer, ici et nulle part ailleurs dans la ville, d’autres également revenus de l’Enfer et trônant là, invités pareillement. Ou bien, porte poussée, nous nous faufilions dans l’étroit et sombre couloir, mais nul besoin de lumière, pour chuchoter avec les Sacré, Fourcade, Pinson, Hocquard et autre Emaz, et fomenter quelque poétique conspiration, à l’écart d’inutiles tumultes.

La Voix au chapitre va fermer.
On s’avise soudain que ces réunions de famille auxquelles nous nous invitions au débotté avaient un ordonnateur, G. L., le bedeau* du lieu, nous conviant à l’occasion à la sacristie pour déguster le vin de messe (Tariquet, Anjou-village et même, un triste soir, un Lagavulin), et veillant à l’ordre républicain des Lettres avec une rigueur, on peut le dire maintenant, qu’on aurait parfois souhaitée perturbée de piles de livres chancelantes, de monticules fragiles à manoeuvrer, nécessitant une auscultation précautionneuse et physique à la fois, obligeant à payer de sa personne et nous procurant l’illusion de la découverte, l’oublié, le vaincu (fallacieusement ressuscité par nos soins) bientôt invité à se joindre au banquet familial.

La Voix au chapitre va donc fermer et laisser un vide inconcevable, la petite chapelle et son bedeau supplantés par les hangars débordant d’ouvrages vite faits trop bien faits, la plupart tapageurs et méprisables, de la fange répandue sur ceux qu’on aime et qu’on ne verra plus, étouffés sous la masse.

Il y a dix ans exactement, en 2009, la Voix au chapitre s’enorgueillissait de 15 ans d’existence sous nos yeux candides, sereins. Trop.

Septembre 2019.

Jean-Pierre Suaudeau
* comme le baptisa Claro, à l’été 2009, lors des rencontres « Ecrivains en bord de mer »

Pour Gérard de la part des filles de la médiathèque de la navale à la manière de ! ..

Il est comme il est
Il est comme ça
Quand il a envie de rire
Il rit dans sa moustache

Il aime les livres
Est-ce sa faute à lui
Si ce n’est pas le même

Qu’il aime à chaque fois
Il est comme il est
Il est fait comme ça
Que voulez-vous de plus
Que voulez-vous de lui
Il n’est pas fait pour vous plaire
Et n’y peut rien changer
Ses santiags l’invitent au rodéo

Ses yeux vifs ne quittent pas la page

Ses horaires fluctuent

Au gré de ses envies
Et les soirées bavardes
C’est son truc
Et puis après et puis après
Qu’est-ce que ça peut vous faire
Il est comme il est
Il plait à qui il plait
Qu’est-ce que ça peut vous faire
Ce qui lui est arrivé
Oui !il a aimé des livres !

Comme les bons libraires
Simplement savent aimer
Aimer, aimer ! les livres
Pourquoi le questionner
Il n’est pas là pour vous plaire
Mais pour vous faire aimer les livres
Et n’y peut rien changer

C’est tout à fait lui

Et vous n’avez pas voix au chapitre !

C’est le repère de Gérard Lambert !

Notre libraire.

Vous en connaissez beaucoup, vous, un libraire qui vous reçoit en santiags, de plus ex-marinier, ex-éleveur de chèvres je ne sais où & j’en passe, qui a pris le taureau, pardon le bouc par les cornes pour venir s’échouer sur les bords de l’estuaire de la Loire, moi j’en connais un, un seul qui se cache derrière ses baccantes , avec bonhomie il va vous emmener dans son monde pour peu que vous soyez curieux il vous fera découvrir un tas de bouquins sortis des sentiers battus, ou pas, on s’en fout. On peut parler. Mais le pire est à venir, monsieur se permet d’inviter des écrivains, tout le tintouin de France & Navarre , franchement on se demande, ça fait un peu arrière boutique avec ce couloir qui débouche sur une salle qu’il a nommée "Salle Louis Scutenaire" un nom à coucher dehors, hé bien il s’en passe là dedans, des questions, des réponses, des explications, des riens des fois, ça finit toujours dans la bonne humeur, accompagné d’un verre de rouge, de blanc, au choix, que même ça se prolonge & pour tout vous dire, à ce qu’il paraît, ce libraire est un fin limier, il renifle la critique même quand l’écrit parle, ha ha ! J’oubliais il se nomme Gérard Lambert dit Ullmann, tout un programme puisqu’il n’écrit pas entre les lignes, pour tout dire, encore, il est à la hauteur des bouquins qu’il nous refile, voilà à mes yeux le pourquoi du comment je change jamais de trottoir rue jean Jaurès...

Jean-Pierre Gallais.

Voix au chapitre, pourquoi librairie et non pas livrairie ?
Moi, le latin, je m’en tape, mais pourtant l’homme est né libre. En livrée et non en nivré, camarguaises aux pieds, chemise non repassée, l’homme et lui seul peut vous faire découvrir les merveilles de la littérature.
En effet, ce passionné a le mérite, à travers vents et marées, de toujours nous intéresser.
Livres tu aimeras.
Libre tu resteras.

Catherine

Une dizaine de lignes, au plus, qu’il dit ! pour des milliers de lignes alignées en 15 longues années juste au dessus de la ligne de flottaison. Au moins, là, on ne se fait pas aligner. Il peut même ouvrir une ligne de crédit ; mais surtout des lignes de réflexion, volontiers tangentes, des lignes de fuite pour se démêler des lignes des partis. Et toujours en première ligne, sur la ligne de front, l’oeil sur la ligne de mire, ou sur la ligne d’horizon. Loin du monde « en ligne », lignes de démarcations, lignes de produits, lignes de coke, lignes de métro-boulot-dodo, c’est la tête de ligne pour la grande évasion, avec ou sans illusion, ligne transatlantique ou ligne ferroviaire, transsibérien, forcément transsibérien. Une ligne claire sur la ligne de crête, ou sur une ligne de hanches ! comme une ligne de défense, une ligne de force ! bon, je tire à la ligne ! savoir garder la ligne ou aller à la pêche à la ligne. C’est une ligne de chance, ligne de vie, ligne de coeur.

Pierre Darcel*
*Ce texte m’est parvenu sous une très belle mise en page dessinée que je regrette de ne pouvoir reproduire ici. Mais vous pouvez aller voir ce que fait Pierre Darcel en visitant son blog : http://pierre.darcel.over-blog.com/

Une dizaine de lignes ? Dix lignes...dix lignes...dix lignes...c’est la sonnerie du tramway de Bruxelles qui traverse la salle Scutenaire ou celui de Lisbonne la place Pessoa .Quand on descend de la "Voix au chapitre" c’est toujours en marche !
Halte camarade, ici se rencontrent les écrivains et les lecteurs entre deux urgences, bras dessus, livres dessous, simple compagnonnage qui fleure bon le bois, l’éditeur et l’orpailleur.
Le regard complice du maitre des lieux nous rassure : ce n’est pas encore demain que le livre sera le fruit du bazar !
Dix lignes...dix lignes...dix lignes... Terminus !

Amitié Jean-Yves.

La librairie a ri
Un jour de mistigri
Et moi que fais-je
Sur ce coup ci ?
Je lis des livres à rire
Que je trouve sans coup férir
Sur un chapitre sans voix
Chez l’ami Lambert http://voix-au-chapitre.ouvaton.org/

Mon diable, quelle histoire littéraire
Qui ressemble à de l’Apollinaire
Tout ça pas très loin de Saint Nazaire
Cette belle ville de luttes ouvrières.
Mais, plus que les trotskystes qui sont mauvais littérateurs,
Les anarchistes ont la plume tout près du coeur.
Ce qui explique le succès grandissant de la littérature des « bons bougres »
En vente dans toutes les bonnes librairies et non dans les grandes surfaces.

Guy

Petit précis de vocicapitulomanie
Le libraire endémique à poil dur (Bibliophilus Lamberti) niche habituellement sur la rive septentrionale des estuaires, mais plutôt à gauche. On peut le voir vers midi tremper ses moustaches dans du Tariquet. Le reste du temps, on le repère à son cri, le hemmage, qui atteint son apogée à la rentrée littéraire et à la période des retours –les retours étant bien sûr à distinguer des renvois.
Quoique grégaire, le Bibliophilus Lamberti (BL) développe des capacités d’adaptation étonnante : transplanté en région montagneuse, il donnera des cours de ski de bon niveau ; le zoo de Tokyo possède un spécimen de BL qui pratique le kendo.
D’aucuns prétendent que le BL excelle aussi dans l’entretien des motocyclettes, même s’il n’est pas zen. Ces allégations n’ont fait l’objet d’aucune validation sérieuse et n’ont pas leur place dans le présent opuscule.
Enfin, on prétend que, depuis 1871, le BL fait la Révolution tous les quatre-vingt-dix-sept ans, ce qui nous annonce une belle fête en deux mil soixante cinq. D’ici là, il convient de placer le BL sur la liste des espèces à protéger.

Christian Haulle (avec l’aide inestimable et involontaire de : Louise Michel, Robert M. Pirsig, Will Cuppy, Alexandre Vialatte, Renaud Séchan)

QUELQUES MOTS POUR « VOIX AU CHAPITRE ».

Quinze ans déjà ? Pour une boutique, ce n’est pas un âge, c’est une durée. J’avoue tout : pendant presque toutes ces années, je n’ai franchi le seuil de la maison que de manière épisodique. Je savais que la marchandise proposée était d’excellente qualité – et c’est peut-être cela qui me faisait hésiter, justement : je me rangeais, consciemment ou non, parmi les gens qui disent : « Un magasin comme ça, ce n’est pas pour moi ». Images de lectures difficiles, de sphères intellectuelles élevées ? - bon, d’accord, ce n’est pas très malin.
Et puis les choses ont évolué. Chacun voit qu’à la « Voix », on ne fait pas que « vendre du bouquin » (même si on le fait très bien), et qu’il se passe, dans ses murs ou ailleurs, un tas d’autres choses : expos, découverte d’auteurs, promotion de CD qui n’intéresseront jamais le show-biz, et rencontres très informelles. Alors, il faut que ça dure, et plus longtemps encore !

Bernard PLOT.

Elle est née vendredi, à l’heure où la librairie fermait ses portes. Une petite fille. Sacha. Notre petite fille. Un nouveau regard, une nouvelle attention.
Nous connaissons un libraire généreux et sensible qui nous a montré ses livres, raconté ses lectures, ouvert notre regard vers un Autre et un Ailleurs.
Un jour nous conduirons les pas de la petite Sacha vers ce libraire-là, ou un(e) autre comme lui, pour qu’elle trouve dans cette librairie, ou une autre comme elle, des livres pour grandir, les yeux ouverts sur le monde.

Bénédicte et Nicolas C.

A l’attention de Dieu (ou ses adjoints)
C/O glambertvoixauchapitre@

Le Chien homéopathe
Dans l’immense ciel revêtu de son bleu magnifique, se promène un adorable petit nuage troué. Par ce trou, un chien passe son museau. A l’adresse de Dieu il s’écrie "Je ne suis pas homéopathe - Passe moi le museau !". Dieu, qui était alors en rendez-vous, lui répondit : "Victor, je t’en prie, retourne dans ta Pléiade. Je suis occupé".

Alors je pose la question : existe-t-il encore des libraires sachant écouter nous autres misérables lecteurs ? Si vous avez la réponse, tapez 1, si vous... Eh m... , ça a encore coupé !

PR

Verlaine

Orwell

rImbaud

Xingjian

kAfka

SchUlz

Calvino

RotH

CortAzar

Pessoa

DostoïevskI

Là où croîT la littérature

L’espRit

Triomphe dE la barbarie

Voix au chapitre !
C’est une librairie « animée » par un libraire. Etonnant, non !
Une vitrine avec une présentation personnalisée de parutions – envie de pousser la porte.
Gérard – occupé mais présent – dont l’oeil pétille si vous l’interpellez sur le choix d’une publication. Des publications qui dérangent, qui bousculent les idées reçues.
C’est une librairie – un libraire - qui invite – des écrivains dans une salle accueillante nous font entrer dans l’intimité de leur écriture – moments d’émotion partagée, parenthèses enchantées.
Gérard bouge aussi avec sa boutique, il va sur le terrain – ben oui, y a pas que les autres qui mouillent la chemise.
Envie de pousser longtemps, longtemps encore la porte !

Marguerite

Comment l’ai-je rencontrée ? Par hasard, comme tout le monde. Enfin, pas tout à fait, On m’avait dit : « Ã€ Saint-Nazaire, il y a une librairie... euh, où l’on vend des livres... - Ah ! - Oui, des livres comme ceux que tu lis. »
J’ai d’abord remarqué l’enseigne, « Voix au chapitre ». Un jeu de mots qui est tout un projet. Et puis, c’est beau d’ouvrir un territoire de l’écrit par la dimension orale de la littérature.
À l’intérieur, j’ai trouvé, en effet, les livres que j’aime. Des livres choisis pour des rencontres. J’ai fait la connaissance d’un libraire, c’est à dire quelqu’un pour qui la lecture compte davantage que le livre, quelqu’un qui donne à lire avant d’être celui qui vend des livres, et en cela quelqu’un de prodigieusement généreux. Et exigeant, car lire est un acte de vivant et l’on ne saurait être trop vigilant quand il s’agit de vivre.
Dans cette librairie enfin, les écrivains viennent et donnent voix à leurs écrits et c’est toujours un moment magique, fragile, précieux, au-delà de l’intérêt particulier que suscite telle ou telle rencontre, d’entendre dans la petite salle Louis Scutenaire, une lecture pénétrer les rives d’un texte et déployer son cours dans le grain d’une voix.

N. Revillon

Quand on pousse la porte de la Voix au Chapitre pour acheter le dernier Holder, on a, en général oublié que le chemin direct avec le livre n’existe pas ici.
D’abord, il y a le comptoir et quelques habitué(e)s qui discutent. Alors, on discute. Et puis, on ne se croise pas vraiment dans les allées, c’est trop petit. On prend un autre chemin, vers d’autres tables en continuant de discuter. Discuter et feuilleter. On prend un livre puis deux. Le dernier P. au rayon jeunesse, des petites formes chez de petits éditeurs.
Des fois, on demande l’avis du libraire. Pourtant, on connaît ses faiblesses et ses obsessions personnelles. Alors, on s’implique un peu plus dans la recherche, on accepte de jouer le jeu du marchand de livres qui trouble les règles de base du commerce en grognant derrière sa moustache quand on sort, très contente, de son rayonnage, l’ouvrage qu’on n’a pas relu depuis des années ou le polar qui lui arrache un soupir. Il faut le voir rester dans une contemplation passive du client qui se débat dans la crainte de présenter à la caisse l’achat le plus régressif de l’année.
C’est ce que j’attends du libraire de la librairie où j’ai choisi d’acheter mes livres. Qu’il exprime aussi ce qui lui est propre à lui, à sa culture, son époque et ce qui est propre à la littérature.
Pousser la porte de la Voix au Chapitre, c’est abandonner les idées toutes faites, chercher la pertinence et la justesse d’un regard, l’honnêteté et l’engagement d’un point de vue. C’est un rapport au temps et aux autres qui modifie forcément nos pratiques de lecteurs. Mais, cela demande des efforts de chaque côté de la caisse.
Et puis, quand on y arrive enfin à cette caisse, que l’on y pose tout, le F. Clément, le J. Chauviré, le Choplin et les autres, on se rend compte qu’on a oublié Holder. On le rajoute sur la pile et là, on sort sur le trottoir, le monde entre les bras.

Christine Hauray

Un chat vert
Je passe le seuil de la librairie
Voix au chapitre

Modeste espace pour grand projet
Cairn boisé dévolu au connaître

L’antichambre étanche la faim

Le diverticule en ombre rectiligne abrite
la poésie
petit serrement à l’estomac quand :
c’est qui elle, lui ?
Ses mots c’est de l’eau qui ruisselle contre une écorce
Je ne savais pas que j’avais soif

La chambre principale
où se consume le feu
 initiale du projet-
aidé de quelque bouteille sacrificielle
dans la proximité d’un livre, de dessins, de peintures,
de nos voix, d’un poème, d’une chanson

Dans l’antre, le passeur veille
son regard fulminant affronte le passé l’avenir
une larme pudique pour le présent
quand la mort au téléphone
enlève un bout de sa vie à Angel
qu’on se promet de chanter
Gracias a la vida
quand il reviendra

Délicatement
avant de sortir
du bout du doigt
je découvre une ligne
de Tristes Tropiques
« La nature du vrai transparait
dans le soin qu’il met à se dérober »

Revenu au monde du dehors
je croise Docteur Faust

juché sur son épaule
un chat vert lui dévore l’oreille

Xavier Lamur

Je me décide enfin à envoyer un "bon anniversaire" à Voix au Chapitre et à te remercier pour ton amitié, ô toi le drôle de libraire au look de rocker et aux raclements de gorge si caractéristiques. No comment !
Bon anniversaire donc, à Voix au Chapitre, cette petite librairie qui tient contre vents et marées.
Combien de fois depuis l’an 2001, suis-je passée devant celle-ci en me disant "elle est... fermée ! non ! oui...non... bon...ouf..." "Non, ce n’est pas encore pour cette fois," me suis-je dit maintes fois. C’est vrai qu’elle a la dent dure la petite libraire rouge de la rue Jean-Jaurès. Elle a bien du mérite ! Je pourrais jouer dans le pathos et raconter que cette petite librairie indépendante est menacée car entourée d’énormes concurrents beaucoup plus importants et aux dents longues. Mais non, il faut arrêter ce mélo. D’ailleurs, Gérard est riche ; il roule en Porsche et habite La Baule tous les week-ends.
Oui, c’est bien à TOI que je m’adresse Gérard Lambert, le libraire dit "brise-glace" !(Voir : Marianne, octobre 2009)
Cette pauvre librairie, tu l’as en effet souvent négligée et "brisée", c’est le mot : pas de guirlandes dans la vitrine à Noël, pas de paquet cadeaux non plus, pas de livres de Mary Higgins Clark mais du Sylvia Plath, non mais franchement ! Quant aux clients (surtout moi) n’en parlons pas ! Un borborygme en guise de bonjour et à peine merci quand il m’exploite sans vergogne aux Escales. Et ce, depuis trois ans ! Valérie T. peut en témoigner !
Enfin, il faut croire que je suis masochiste, j’y retourne quand même dans cette librairie.
Le pire de tout, ce sont les lectures que tu m’as conseillées : Philippe Claudel, Jacques Ellul, Pierre Michon, Jean Rouaud, Michel Deville (euh. non, c’est Patrick, celui qui a des beaux yeux), Rigorni Stern, Victor Klemperer, Georges Perec et j’en passe... Affreux ! En un mot comme en cent, "affreux".
En outre, pourquoi diable essayer de me faire lire quoi que ce soit ? Tu sais bien que c’est peine perdue puisque je ne lis pas. D’ailleurs si je lisais, ou plutôt, si j’avais le temps de me livrer à ce loisir sybaritique digne du libraire que tu es, qui corrigerait mes copies ? Toi, peut-être ?

Je reviendrai quand même te voir, Voix aux Chapitre car tu es ma librairie préférée. Le monsieur à moustaches qui est à l’intérieur n’a qu’à bien se tenir...

Yours Truly,

C.Thibaud

Pourquoi allons- nous à la Voix au Chapitre ?

Pour une qualité de rencontre entre l’espace et le temps :

Quand il fait soleil, la porte est toujours ouverte.
Franchir le seuil et prendre le temps de l’expiration.
Ce n’est pas un calme d’église ni de bibliothèque c’est singulier, c’est la Voix au chapitre.
C’est un lâcher prise sur tout ce qu’on sait, sur le bruit du monde.

Le bonjour de Gérard avec le geste- caresse de la moustache qui en impose un peu.
Il n’y a pas de volonté d’attraper le client ni de le séduire, le libraire n’est pas là pour répondre à vos attentes, il est là pour échanger. Gérard Lambert, un poète, un passeur, un homme libre, une présence discrète pour laisser toute la place au lecteur.
On y aime la liberté de circuler.

Sur la porte d’entrée de la librairie un jour vers midi et demi : un mot manuscrit : Un libraire ça mange aussi il revient vers 14h/15h
Même pas vrai, il arrive un peu plus tard !

Entre la maison de la presse qui n’est pas une maison et le paquebot qui n’est pas un bateau : La Voix au chapitre, un espace intime, résistant à l’ordre du monde, une boutique, un lieu de pensées, indispensable à Saint Nazaire.

Elisabeth Crusson/ Mireille Ivars

C’est à cause du libraire. C’est comme ça que ça a commencé. C’est pas tant l’endroit que le bonhomme. C’est simplement qu’il est là. Qu’il a vraiment pas l’air d’être dans le commerce. Déjà, rien que ça, le côté revêche, qu’est pas dans le rôle, qu’est pas drôle, qu’aime pas les cons. Pas le genre baraque mais le regard aiguisé, comme un chat giflé. Un dont les écrivains disent « il pourrait écrire ». C’est leur éloge, ça, aux gens de lettres. Ca c’est sûr qu’il pourrait écrire, mais pas du funèbre, tout ça, non ! Lui, ce serait du tendre. Et mieux que les autres, même... Des jours, il cause pas beaucoup. Mais d’autres, pour peu qu’on lui parle d’un livre et plutôt d’un livre qu’il vous a conseillé, alors là, faut l’écouter ! Et puis c’est encore notre tour de causer. Et ça dure comme ça un petit moment : Cochons d’allemands, Mort d’un jardinier, La mort viendra et elle aura tes yeux ! Genre de livres qu’on n’a jamais à la maison parce qu’on les offre toujours. On a aussi nos coups de gueule - des écrivains on pourrait se torcher avec- mais, le plus souvent, c’est des livres qui nous font Courir dans les bois sans désemparer. Au moins, on les a rencontrés, ces livres, et du coup, c’est pour ça qu’on revient. C’est à cause du libraire.

VL

La librairie Voix au chapitre, pour moi est plus qu’une librairie, c’est un endroit chaleureux où l’on vous accueille, où le libraire a toujours un livre ou une histoire à vous raconter. Je peux arriver sans idée mais je sais que je ne ressortirai pas sans un bon livre, mais pas question de vendre pour vendre, non, il cherchera ce qui vous convient le mieux.
En plus c’est un lieu où il se passe toujours quelque chose, un vernissage, une exposition, un soirée bavarde où l’on vient à la découverte d’un auteur, d’un livre avec souvent des moments forts et sans oublier à la fin d’une soirée le verre de l’amitié, car on ne saurait vous laisser partir sans ça, parce que Gérard Lambert, il est comme ça, généreux et amical.

Une amie

T’aurais pas dû Gérard ! !

Certains vont chez les empileurs de livres pour y acheter du papier imprimé vivement promus par les affres de la critique littéraire subventionnée par Galligrasseuil !
Pour ma part j’entre à Voix au chapitre essentiellement pour tenter d’y fourguer quelques revues nostalgiques d’avenir meilleur, ou quelques livres trop mal pensants pour figurer chez les marchands de culture étiquetée Cercle de la librairie.
Je n’ai pour l’instant pas fait fortune, mais le lieu est suffisamment mal fréquenté pour que parfois je prenne plaisir à renverser les choses, et à présenter une facture à mon libraire !

Le problème c’est que le bougre arrive le plus souvent à me soutirer aussi sec les quelques deniers pourtant durement acquis. Embobiné par les causeries de « l’écrit parle », distrait par une exposition déconcertante, ou égayé par un fond de rouge de fin de soirée, je finis généralement par sortir mon porte-monnaie pour m’être laissé aller à suivre quelque conseil du libraire, qui vient me relancer jusque sur internet.

Ce doit être le charme de cette moustache incomparable, subtile conjugaison de celles de Fernand Pelloutier, de José Bové et du chat de Cheshire, qui me pousse à lire, et inlassablement à accumuler les volumes les plus divers sur mes étagères.

Un seul regret : savoir que je n’aurais jamais le temps de tout dévorer. Et ça aussi c’est la faute à ! Lambert.

Philippe

J’entre à la Voix au chapitre et je suis Alice au pays des merveilles. C’est la chambre secrète où quelques illuminés pratiquent l’oeuvre au noir, avec juste ce qu’il faut de touche dyonisiaque pour faire tomber masques et préjugés. J’y trouve ce que je viens y chercher : des livres, des sources –intarissables- et même plus : des gens qui aiment les livres, des sourciers, des empêcheurs de tourner en rond, des passeurs !
Une vraie librairie avec un vrai libraire, une atmosphère, ce je ne sais quoi qui entretient la flamme de la vie. Ici je touche du doigt ce que signifient les mots : liberté, égalité, fraternité. Amen !

Soeur Angèle
Oh, mourir martyre brulée vive sur un bûcher de livres !

Voix au chapitre fête son anniversaire ! Combien d’années ? On ne sait plus puisque nous sommes tellement attachés à son existence que l’on a oublié que cette enseigne avait pu être créée. On a oublié qu’elle n’avait pas toujours été là, ni son charismatique Gérard. De toute manière, si Voix au chapitre n’existait pas, il faudrait l’inventer. La vie littéraire nazairienne a besoin de ce lieu, de cette ambiance, de ces rencontres, de son libraire qui est connu sur l’ensemble de la place culturelle de Saint Nazaire et de ses environs. Comment avions nous pu faire, nous les amoureux de beaux textes, de beaux livres, avant sa création ? On se s’en rappelle plus. Pour nous elle a toujours été là ainsi que Gérard.
Il a certainement passé des moments difficiles face à la concurrence et son cortège de possibilités diverses, mais il a su créer en ce lieu une atmosphère à nulle autre pareille. Nous sommes beaucoup à être attachés aux rencontres qu’il organise avec les écrivains, aux échanges divers et variés que seul lui peut nous concocter. Il y ajoute bien sûr sa touche personnelle de vendeur-lecteur tellement vigilant sur la bonne et vraie littérature : Que de découvertes grâce à lui ! Il faut lui reconnaître sa volonté d’intégration à la vie culturelle nazairienne : tant d’évènements se déroulent en sa présence associée mais aussi conseillère pour le choix des spectateurs et acteurs : fêtes musicales diverses et variées, cinéma ou même évènements de société en ces périodes si incertaines.
J’apporte aussi le témoignage que, sur les chemins des rencontres littéraires de l’hexagone, on m’a souvent invoqué l’ami nazairien, libraire si investi dans ses choix. Bravo à lui pour son combat de défense des petits libraires proches des lecteurs dont on à tous grand besoin.
Longue vie à Voix au chapitre.

Michel Odiette.

Saint Marc, jeudi 6 août, deux jours après l’abolition des privilèges, il y a longtemps ; « transfiguration » pour les chrétiens !
Nuit de pleine lune, mère des insomnies.

Quand je vois tout ce que je n’ai pas lu, ça m’effare.
Et puis il y a Gérard, la moustache au ras du comptoir, avec son oeil d’écureuil, qui me regarde. Lui, il doit avoir tout lu, l’essentiel. Tous les livres que j’aurais dû lire, tous les auteurs qui m’auraient pris la main. Et tous ces poèmes qui m’attendent. De l’amour en pages.
Qu’est-ce que j’attends pour m’y mettre ?
Et, là, sous ces couvertures* rouges et noires, aux parfums d’encre de mai rebelle, la rage à fleur de page, des chansons sans tambours et des histoires de coeur. Tout pour faire un homme, en somme. Mais qu’est-ce que j’attends ?

Pierre
*On dit « jaquette », je crois, mais quel drôle de mot !

Une ville, un lieu, un libraire.
Un rendez vous dans Saint Nazaire pour chercher des livres ou des conseils de lecture, des horizons différents en littérature, en poésie, des auteurs à découvrir par le biais d’un homme, Gérard Lambert, qui a le courage de « tenir » une librairie par les temps qui courent.
La Voix au chapitre, pour moi, c’est un peu comme une famille, j’ai envie d’y être, d’en partir, d’y revenir, d’apporter ma petite pierre pour que ça continue.
Les livres sur les étagères, les femmes et les hommes dans les livres, le libraire dans sa librairie : à garder pour l’éternité.

Isabelle Bogo

La véritable amitié ne sera jamais plus soluble que le poisson !
Si elle se dédouble en de réels échanges de « fondamentaux », la joie s’installe comme un pacha dans un fauteuil ; les dialogues se bousculent : travaux (Navel), défaite (Pierre Minet), grande beuverie (Daumal), et combien de meilleurs titres encore !
Sans ces nombreuses années en ta compagnie, je n’aurais fait que relire, relire encore, et non lire à nouveau.
Merci.

G.S

Post-Scriptum :

Comme le phénomène est assez souvent souligné dans ces textes, le libraire se doit de préciser que, s’il porte effectivement moustache (en port autorisé), il ne porte pas de Santiags (ou Santiagues) mais des bottes camarguaises (Bien moins flippantes pour les chevaux).