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		<title>2026</title>
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		<dc:creator>G&#233;rard Lambert - Ullmann</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Non, je ne d&#233;sesp&#232;re pas de l'humanit&#233;, &lt;br class='autobr' /&gt;
m&#234;me si elle a &#233;t&#233; jusqu'&#224; inventer la t&#233;l&#233;vision. &lt;br class='autobr' /&gt;
Marcel L&#233;vy
&lt;br class='autobr' /&gt;
Conversations aux Champs-&#201;lys&#233;es
&lt;br class='autobr' /&gt;
* &lt;br class='autobr' /&gt;
G&#233;rard Lambert-Ullmann &lt;br class='autobr' /&gt;
vous souhaite une ann&#233;e 2026 &lt;br class='autobr' /&gt;
dans laquelle le pire ne soit pas s&#251;r.&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://lescoudeesfranches.ouvaton.org/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Non, je ne d&#233;sesp&#232;re pas de l'humanit&#233;, &lt;br class='autobr' /&gt;
m&#234;me si elle a &#233;t&#233; jusqu'&#224; inventer la t&#233;l&#233;vision.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marcel L&#233;vy&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Conversations aux Champs-&#201;lys&#233;es&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G&#233;rard Lambert-Ullmann &lt;br class='autobr' /&gt;
vous souhaite une ann&#233;e 2026 &lt;br class='autobr' /&gt;
dans laquelle le pire ne soit pas s&#251;r.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Avoir 20 ans dans les oreilles</title>
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		<dc:creator>G&#233;rard Lambert - Ullmann</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Avoir 20 ans dans les oreilles Jacques Vassal &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;fendre sa passion, &#231;a peut mener loin. Quand, en 1966, le jeune Jacques Vassal prend sa plume pour &#233;crire ce qu'il a pens&#233; d'un article &#224; un magazine musical en vogue, il ne se doute pas qu'il s'engage dans un chemin qui va le mener vers quelques un des plus beaux moments musicaux de la seconde partie du 20&#232;me si&#232;cle et vers des rencontres aussi lumineuses que m&#233;lodieuses. &lt;br class='autobr' /&gt;
Embauch&#233; pour faire d&#233;couvrir aux passionn&#233;s de Jazz le blues et le folk, qui (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://lescoudeesfranches.ouvaton.org/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Plats du jour&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avoir 20 ans dans les oreilles&lt;br class='autobr' /&gt;
Jacques Vassal&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;fendre sa passion, &#231;a peut mener loin. Quand, en 1966, le jeune Jacques Vassal prend sa plume pour &#233;crire ce qu'il a pens&#233; d'un article &#224; un magazine musical en vogue, il ne se doute pas qu'il s'engage dans un chemin qui va le mener vers quelques un des plus beaux moments musicaux de la seconde partie du 20&#232;me si&#232;cle et vers des rencontres aussi lumineuses que m&#233;lodieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Embauch&#233; pour faire d&#233;couvrir aux passionn&#233;s de Jazz le blues et le folk, qui sont alors tr&#232;s peu connus en France, il se retrouve l'&#233;t&#233; 66 aux Etats-Unis o&#249; il fera les premi&#232;res d&#233;couvertes qui, renfor&#231;ant sa vocation, le m&#232;neront &#224; devenir le sp&#233;cialiste fran&#231;ais de ces courants musicaux qui montent en fl&#232;che chez l'oncle Sam et qui vont bient&#244;t conqu&#233;rir la vieille Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; Pete Seeger, solide pilier de la musique folk dont le r&#233;pertoire inclut les chants traditionnels des diff&#233;rentes vagues d'immigration, de cow-boys, d'esclaves &#233;mancip&#233;s, de travailleurs du rail ou de la poste, de matelots, de &#171; filles de mauvaise vie &#187;, il d&#233;couvrira la richesse de ce courant disparate de la chanson populaire, dont le Prince vagabond est Woody Guthrie, Auteur de centaines de chansons, celui-ci touche surtout le milieu des Hobos, trimardeurs dont il d&#233;crit avec une &#233;mouvante justesse la rude vie errante. Proche des Wobblies, ces syndicalistes anarchistes en lutte contre un patronat sauvagement rapace, Woody sait aussi c&#233;l&#233;brer la beaut&#233; de ce pays aux visages multiples, o&#249; m&#234;me les plus pauvres doivent avoir le droit de se trouver chez eux. Jacques Vassal traduira son livre autobiographique &#171; Bound for glory &#187; (Parti pour la gloire). Promenant &#224; travers tout le pays sa curiosit&#233; boulimique, il fera vite connaissance de petits nouveaux prometteurs : Bob Dylan (qui d&#233;bute par une superbe chanson d'hommage &#224; Woody Guthrie), Joan Baez, Phil Ochs, Tom Paxton, Buffy Saint-Marie, Leadbelly, Judy Collins, Odetta, L&#233;onard Cohen, et bien d'autres qu'il contribuera &#224; faire conna&#238;tre, et avec lesquels il maintiendra une relation devenant au fil des ans de plus en plus amicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chroniqueur de la revue Rock &amp; Folk d&#232;s ses d&#233;buts (janvier 1967) il deviendra vite le grand connaisseur du monde folk et plus largement des milieux de la contre-culture am&#233;ricaine ; Po&#232;tes de la Beat G&#233;n&#233;ration, Hippies de San-Francisco, Yippies contre la guerre au Viet-Nam (Il sera m&#234;me arr&#234;t&#233; lors de la grande manifestation &#224; Chicago en ao&#251;t 1968, pour avoir, dit il, travers&#233; une rue sans autorisation de la police. Activit&#233; &#233;minemment subversive). De Newport &#224; Woodstock, et d'Amougies &#224; l'&#238;le de Wight, il sera de tous les festivals o&#249; des foules d&#233;brid&#233;es viendront se &#171; d&#233;foncer &#187; de musique et de joyeuse turbulence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il ne sera pas sourd &#224; ce qui se passe en France. Apr&#232;s avoir assist&#233; aux d&#233;buts d'Alan Stivell dans les soir&#233;es Hootenanny organis&#233;es par Lionel Rocheman au Centre Am&#233;ricain de Paris, il suivra son ascension et celle du &#171; revival &#187; de la musique bretonne &#171; shoot&#233;e &#187; &#224; la &#171; pop &#187;. Il y consacrera un livre. Il s'int&#233;ressera aussi aux chanteurs et chanteuses &#171; &#233;mergents &#187; qui, ne donnant pas dans les sucreries &#171; y&#233;y&#233; &#187; jouissent plus difficilement des faveurs du show biz : Jacques Higelin, Brigitte Fontaine, Catherine Ribeiro, Fran&#231;ois B&#233;ranger, Jacques Bertin et, bien s&#251;r, Graeme Allwright, passeur talentueux en fran&#231;ais de la po&#233;sie folk, &#224; la diff&#233;rence des Joe Dassin et autres Claude Fran&#231;ois qui massacrent all&#232;grement les chansons qu'ils vampirisent. Enfin, en v&#233;ritable gourmet, il go&#251;tera &#233;videmment aux subtils d&#233;lices des trois grands : Georges, Jacques, L&#233;o. Consacrant &#224; chacun plusieurs livres nourris de discussions dont on sent bien les pr&#233;occupations complices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce parcours, qu'il raconte aujourd'hui comme une sorte de compl&#233;ment &#224; ses chroniques et livres (en particulier le magistral Folksong &#233;dit&#233; en 2021 par les Fondeurs de briques), fera saliver tous ceux qui, depuis un demi-si&#232;cle, d&#233;gustent les merveilles qu'il &#233;voque. On aurait aim&#233; &#234;tre pr&#233;sents &#224; tous ces moments mythiques. On n'y &#233;tait pas, et on croyait les avoir totalement loup&#233;s. Et bien, non, il nous y am&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, se confirme l'impression que l'on a eue souvent au fil de ces vingt ans, plus vingt autres, &#171; dans les oreilles &#187; : tout &#231;a n'&#233;tait pas de la roupie de chansonnette. Ces chansons, que l'on a pris l'habitude de fredonner sans trop r&#233;fl&#233;chir &#224; ce qu'elles disent, n'&#233;taient pas que de la bagatelle divertissante, mais les fruits tant&#244;t doux, tant&#244;t amers, de ce si&#232;cle tourment&#233;, tout autant que des instruments tant&#244;t provocants, tant&#244;t consolants des combats sociaux qui s'y d&#233;roulaient. Vous en doutez ? &#201;coutez attentivement les paroles de The sound of silence (Simon &amp; Garfunkel), de There but for fortune (Phil Ochs), de A hard rain's a gonna fall (Bob Dylan), etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merci Jacques, de t'y &#234;tre int&#233;ress&#233; de bonne heure et d'avoir su si parfaitement nous attirer &#224; ta suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G&#233;rard Lambert-Ullmann&lt;br class='autobr' /&gt;
Les coud&#233;es franches.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 20 d&#233;cembre 2025.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Vassal, &lt;i&gt;Avoir 20 ans dans les oreilles, &lt;/i&gt; Les fondeurs de briques, ISBN 978-2-916749-71-6, 21 euros&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lescoudeesfranches.ouvaton.org&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.lescoudeesfranches.ouvaton.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Une Arcane pour Christian Bouthemy</title>
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		<dc:creator>G&#233;rard Lambert - Ullmann</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;C'&#233;tait un insupportable que j'ai ador&#233; supporter, charmeur irritant, emmerdeur s&#233;duisant, talentueux d&#233;glingu&#233;, provocateur p&#233;nible, mais ouvreur d'horizons, dealer de merveilles, contradicteur complice. Hantant ma librairie de ses qu&#234;tes incongrues, de ses conseils idiots saupoudr&#233;s de bon sens, bousculant les clients, moquant efficacement les &#233;crits boursoufl&#233;s, les virgules p&#233;dantes, me marchant sur la langue jusqu'&#224; se faire mordre, cherchant la bagarre pour y trouver la paix, un de ceux sans (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://lescoudeesfranches.ouvaton.org/spip.php?rubrique16" rel="directory"&gt;Condol&#233;ances&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'&#233;tait un insupportable que j'ai ador&#233; supporter, charmeur irritant, emmerdeur s&#233;duisant, talentueux d&#233;glingu&#233;, provocateur p&#233;nible, mais ouvreur d'horizons, dealer de merveilles, contradicteur complice. Hantant ma librairie de ses qu&#234;tes incongrues, de ses conseils idiots saupoudr&#233;s de bon sens, bousculant les clients, moquant efficacement les &#233;crits boursoufl&#233;s, les virgules p&#233;dantes, me marchant sur la langue jusqu'&#224; se faire mordre, cherchant la bagarre pour y trouver la paix, un de ceux sans lesquels la vie n'est que sommeil fade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons parl&#233; lits et ratures, parl&#233; monde, parl&#233; vie. Nous avons frott&#233; et re-frott&#233; nos d&#233;saccords, radot&#233; nos affinit&#233;s. J'ai admir&#233; ses connaissances litt&#233;raires immenses, son &#339;uvre nazairienne cosmopolite, ses &#233;ditions exigeantes, cette Meet, chaudron bouillonnant, ses choix aussi brillants qu'insolites, son talent d'explorateur. J'ai applaudi ses pr&#233;ciosit&#233;s mallarm&#233;ennes. J'ai r&#233;prouv&#233; ses comportements infantiles, ses d&#233;gueulis verbaux. J'ai d&#233;plor&#233; sa so&#251;lographie pesante. J'ai bu avec lui, pourtant, Mais je buvais plaisir. Il buvait suicide. Je l'ai ramass&#233; dans les caniveaux, les orni&#232;res de chantiers, la boue du port. Je l'ai tra&#238;n&#233; &#224; l'abri, conduit &#224; l'h&#244;pital, reconduit &#224; l'h&#244;pital, visit&#233; &#224; l'h&#244;pital, pacha posant fi&#232;rement entre ses photos avec Jeanne Moreau et Marcello Mastroianni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le jour : Beau merle, tropical tramp, chien fatigu&#233;, il a ponctu&#233; de ses irruptions mon quotidien patient, dormi dans mon vieux fauteuil, vol&#233; quelques livres, mais pour les offrir. Pour lui j'ai goual&#233; Amsterdam et Adio Lugano Bella, fait p&#233;ter Coltrane dans mes amplis. J'ai organis&#233; des expos, des d&#233;bats, me suis engueul&#233; avec des gens qui avaient raison de lui en vouloir ; me suis engueul&#233; avec lui qui me prenait pour une poire. Je l'ai insult&#233;, jet&#233; sur le trottoir. Puis embrass&#233; dans un grand rire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vingt ans comme &#231;a ! J'en reste effar&#233;. C'&#233;tait un oursin, un figuier de barbarie, dont on ne se r&#233;gale qu'en se piquant. C'&#233;tait un arsouille flamboyant. Un perdant magnifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est mort cent fois. La derni&#232;re fut la bonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G&#233;rard Lambert-Ullmann&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 7 d&#233;cembre 2025&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Atlantides</title>
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		<dc:date>2025-11-16T03:16:06Z</dc:date>
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		<dc:creator>G&#233;rard Lambert - Ullmann</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Atlantides &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; De la beaut&#233; qui passe et de celle qui demeure. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les ailleurs sont pour l'&#226;me le fanal d'une auberge dans la nuit. &#187; constate Vincent Jacq. On peut le croire car, des ailleurs, il en a connus : Des Samarcande, Damas, Deir ez-Zor, Cochabamba, Atacama, Teotihuacan. Rapa Nui, J&#233;richo, Lampedusa, Tras-os-Montes, Pondich&#233;ry, Taipei, Kyoto, Melbourne, Taormina, pour n'en nommer que quelques uns, et, bien s&#251;r Syracuse que j'aimerais tant voir ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Connus, c'est &#224; dire : bien plus que vus, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://lescoudeesfranches.ouvaton.org/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Plats du jour&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Atlantides&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; De la beaut&#233; qui passe et de celle qui demeure. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les ailleurs sont pour l'&#226;me le fanal d'une auberge dans la nuit. &#187; constate Vincent Jacq. On peut le croire car, des ailleurs, il en a connus : Des Samarcande, Damas, Deir ez-Zor, Cochabamba, Atacama, Teotihuacan. Rapa Nui, J&#233;richo, Lampedusa, Tras-os-Montes, Pondich&#233;ry, Taipei, Kyoto, Melbourne, Taormina, pour n'en nommer que quelques uns, et, bien s&#251;r Syracuse que j'aimerais tant voir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Connus, c'est &#224; dire : bien plus que vus, quoiqu'il ait l'&#339;il aff&#251;t&#233;. On peut dire qu'il les a dans la peau, et sait les faire p&#233;n&#233;trer sous la n&#244;tre. C'est un des rares voyageurs qui savent trouver les mots pour nous faire toucher les palpitations du monde, r&#233;ussissant &#224; nous impr&#233;gner de l'esprit de lieux dont nous ne savions rien, bien mieux que si nous y avions v&#233;cu des ann&#233;es intenses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que l'on apprend que &#171; Le bonheur portugais est &#224; la fois solaire et brumeux. &#187; Ainsi que, au c&#339;ur de la cit&#233; interdite, &#224; P&#233;kin, on go&#251;te &#171; la paix du soir dans la poussi&#232;re grise, cette marne imm&#233;moriale qui fascinait Segalen. &#187; Ainsi qu'on cultive les &#171; complicit&#233;s inattendues &#187; des voyages, et que, &#171; sur l'autoroute de neuf cent kilom&#232;tres qui m&#232;ne &#224; travers le d&#233;sert syrien &#187; on entame avec &#171; quatre des meilleurs sp&#233;cialistes du monde m&#233;sopotamien &#187; une confrontation d'&#233;rudits : &#171; cette dispute amicale, sans fin, qui doit suffire &#224; remplir une vie. &#187; jusqu'&#224; parvenir &#224; &#171; un vaste Khan o&#249; quelques dates confites, offertes dans un panier, suffisent &#224; transporter dans l'Histoire &#187; et retrouver Gilgamesh comme un vieux copain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A force de sentir &#171; l'odeur s&#232;che, acide et terreuse du temps &#187; sous l'&#339;il de ces &#171; montagnes qui s'&#233;vaporent dans la chaleur &#187; ou des &#171; ciels intelligents du Finist&#232;re &#187;, on constate que &#171; Les odeurs sont les premiers mots d'un pays &#187; et que &#171; La premi&#232;re graine qu'on enfouit dans la terre des jardins est la nostalgie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'on se dit qu'il &#171; doit y avoir, cach&#233;e sous un pot, la cl&#233; de la porte derri&#232;re laquelle est enferm&#233; l'au-del&#224; des choses. &#187; Et l'on est reconnaissant &#224; Vincent Jacq de nous avoir si joliment conduits vers ces Atlantides o&#249; l'on est vite submerg&#233;... de plaisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G&#233;rard Lambert-Ullmann&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vincent Jacq, &lt;i&gt;Atlantides,&lt;/i&gt; L'escampette, ISBN 9782356081285. 19 euros.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Requiem pour Plein Chant</title>
		<link>http://lescoudeesfranches.ouvaton.org/spip.php?article304</link>
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		<dc:date>2025-10-26T15:53:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>G&#233;rard Lambert - Ullmann</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Requiem pour Plein Chant &lt;br class='autobr' /&gt;
Edmond Thomas, &#233;diteur de Plein Chant, est mort. Par une m&#233;chante ironie du sort, c'est au moment o&#249; un livre* venait de le tirer un peu de la p&#233;nombre o&#249; il avait l'habitude d'&#233;voluer, qu'il s'efface tout &#224; fait. Il restera donc un de ces &#171; illustres m&#233;connus &#187; comme le monde du livre en compte un nombre non n&#233;gligeable. Edmond Thomas &#233;tait un de ces petits &#233;diteur dont l'ensemble des gens du m&#233;tier disait le plus grand bien, allant m&#234;me jusqu'&#224; avouer une solide admiration... en (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://lescoudeesfranches.ouvaton.org/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Plats du jour&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Requiem pour &lt;i&gt;Plein Chant&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Edmond Thomas, &#233;diteur de &lt;i&gt;Plein Chant,&lt;/i&gt; est mort.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par une m&#233;chante ironie du sort, c'est au moment o&#249; un livre* venait de le tirer un peu de la p&#233;nombre o&#249; il avait l'habitude d'&#233;voluer, qu'il s'efface tout &#224; fait. Il restera donc un de ces &#171; illustres m&#233;connus &#187; comme le monde du livre en compte un nombre non n&#233;gligeable. Edmond Thomas &#233;tait un de ces petits &#233;diteur dont l'ensemble des gens du m&#233;tier disait le plus grand bien, allant m&#234;me jusqu'&#224; avouer une solide admiration... en priv&#233;, mais qui ne se manifestait gu&#232;re publiquement. Les livres qu'il a produits sont tous des petits bijoux, pour le choix lumineux des textes, la qualit&#233; de l'impression et de l'&#233;dition. Mais des petits bijoux qui se sont toujours vendus au compte-goutte, non parce qu'ils ne m&#233;ritent pas mieux, mais parce qu'ils sont &#034;Loin du marketing&#034;, cantonn&#233;s dans leur ghetto par le silence nonchalant des neuf dixi&#232;me des chroniqueurs, la n&#233;gligence de nombreux libraires p&#233;trifi&#233;s par d'autres soucis, l'indiff&#233;rence de biblioth&#233;caires n'&#233;coutant que les haut-parleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son honneur aura &#233;t&#233; de tenir un demi-si&#232;cle dans un paisible m&#233;pris du discours assommant le &#171; monde du livre &#187;, celui des sir&#232;nes pr&#244;nant le commerce de camelote lucrative au d&#233;triment de toute sagesse, et -a contrario- de pratiquer dignement le m&#233;tier de passeur de joyaux de sensibilit&#233;, de lucidit&#233;, de savoir-vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Edmond Thomas &#233;tait un de ces artisans virtuoses qui entretiennent la charpente des foyers o&#249; l'humanit&#233; &#233;crit ses plus belles pages ; un &#171; compagnon du devoir &#187; des fa&#231;onneurs de livres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a rejoint ceux qu'il a su maintenir vivants par del&#224; les t&#233;n&#232;bres qui ne cessent de vouloir &#233;touffer le monde. Que, parmi eux, il chante en paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G&#233;rard Lambert-Ullmann&lt;br class='autobr' /&gt;
Les coud&#233;es franches&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 26 octobre 2025.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;i&gt;Plein chant, Histoire d'un &#233;diteur de labeur&lt;/i&gt;, L'&#233;chapp&#233;e, Septembre 2025. On peut lire aussi le texte de Georges Monti, compagnon de la premi&#232;re heure de l'aventure &#034;Plein Chant&#034; dont il maintient l'esprit aux &#233;ditions &#034;Le temps qu'il fait&#034;, dans le Saisonnier N&#176; 19 des Amis du temps qu'il fait, &lt;a href=&#034;http://www.amisdutempsquilfait.com&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.amisdutempsquilfait.com&lt;/a&gt; ainsi que le texte de Louis Dubost, &#233;diteur du &#034;D&#233; bleu&#034; dont Edmond Thomas &#233;tait l'imprimeur : &#171; R&#244;ti de b&#339;uf, po&#233;sie et amiti&#233; &#187; sur le site de la revue &#034;D&#233;charge&#034;. &lt;a href=&#034;http://www.dechargelarevue.com&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.dechargelarevue.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Lumineuse Annie Le Brun</title>
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		<dc:date>2024-08-04T14:16:58Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Annie Le Brun (15 ao&#251;t 1942 &#8211; 29 juillet 2024) &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Elle savait d&#233;crypter le monde, ses horreurs, ses ali&#233;nations, ses trahisons qu'elle s'obstinait &#224; d&#233;noncer sans rel&#226;che comme elle s'obstinait &#224; c&#233;l&#233;brer aussi bien ses richesses et ses beaut&#233;s les plus &#233;videntes que les plus insoup&#231;onn&#233;es. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Fran&#231;ois-Ren&#233; Simon, Lumineuse Annie Le Brun.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Librairie La Br&#232;che &#233;ditions/Revue Des pays habitables, 3 ao&#251;t 2024. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; En fait, il ne s'agit que du refus sauvage de tout ce qui amoindrit. (&#8230;) Oui, j'&#233;cris par effraction, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://lescoudeesfranches.ouvaton.org/spip.php?rubrique16" rel="directory"&gt;Condol&#233;ances&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Annie Le Brun (15 ao&#251;t 1942 &#8211; 29 juillet 2024)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Elle savait d&#233;crypter le monde, ses horreurs, ses ali&#233;nations, ses trahisons qu'elle s'obstinait &#224; d&#233;noncer sans rel&#226;che comme elle s'obstinait &#224; c&#233;l&#233;brer aussi bien ses richesses et ses beaut&#233;s les plus &#233;videntes que les plus insoup&#231;onn&#233;es. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Fran&#231;ois-Ren&#233; Simon, &lt;i&gt;Lumineuse Annie Le Brun.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Librairie La Br&#232;che &#233;ditions/Revue &lt;i&gt;Des pays habitables&lt;/i&gt;, 3 ao&#251;t 2024.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En fait, il ne s'agit que du refus sauvage de tout ce qui amoindrit. (&#8230;) Oui, j'&#233;cris par effraction, avec le seul souci que ma vie ne ressemble pas &#224; ces vies qui se ressemblent et s'assemblent si bien, pour emp&#234;cher que quoi que ce soit vienne retarder leur enlisement progressif. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Annie Le Brun, &lt;i&gt;Appel d'air, &lt;/i&gt; 1988.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Heureux qui comme ...</title>
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		<dc:date>2024-07-26T15:37:18Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>G&#233;rard Lambert - Ullmann</dc:creator>



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&lt;p&gt;Heureux qui comme &#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Voici une des heureuses co&#239;ncidences de la litt&#233;rature : Au moment m&#234;me o&#249; l'agressive &#171; campagne &#187; de liesse obligatoire autour des Jeux Olympiques me donne une intense envie de vomir, un autre &#171; Olympique &#187; vient me faire sourire et soulager mon irritation, un qui n'aura jamais droit au tam-tam m&#233;diatique,&#171; L'Olympique de l'ardoise &#187; dont le blason au &#171; marteau enserr&#233; par les flammes &#187; faisait fr&#233;mir tous les copains de Maurice-le-rouge, sid&#233;rurgiste &#224; la combativit&#233; in&#233;puisable. (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Heureux qui comme &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici une des heureuses co&#239;ncidences de la litt&#233;rature : Au moment m&#234;me o&#249; l'agressive &#171; campagne &#187; de liesse obligatoire autour des Jeux Olympiques me donne une intense envie de vomir, un autre &#171; Olympique &#187; vient me faire sourire et soulager mon irritation, un qui n'aura jamais droit au tam-tam m&#233;diatique,&#171; L'Olympique de l'ardoise &#187; dont le blason au &#171; marteau enserr&#233; par les flammes &#187; faisait fr&#233;mir tous les copains de Maurice-le-rouge, sid&#233;rurgiste &#224; la combativit&#233; in&#233;puisable. Cette &#233;quipe de foot qui n'a jamais eu d'audience qu'aupr&#232;s des ouvriers de l'usine qui &#171; avaient surtout &#224; c&#339;ur de se d&#233;fouler &#187; rendait bien service aux patrons quand les r&#233;sultats du match, &#226;prement discut&#233;s, faisaient oublier les revendications salariales. Mais Maurice et les camarades du parti veillaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans cette ambiance que va grandir le petit fils de Maurice, dans l'ombre de ce grand-p&#232;re et de son &#171; parti &#187; granitique qui est d'autant plus rigide qu'il est aveugle &#224; ce qui le fissure de partout. Distribution de tracts, collage d'affiches, vente de l'Huma, constituent l'ordinaire du petit auquel une &#171; stricte &#233;ducation militante &#187; apprend que ce n'est pas lui &#171; qui choisit les combats &#224; mener &#187;, que &#231;a se d&#233;cide &#171; l&#224; haut &#187; et qu'il n'a qu'&#224; se taire et &#171; ex&#233;cuter les ordres &#187;. &#199;a se confirme clairement quand le ponte du parti venu calmer les prolos en col&#232;re d&#233;daigne ouvertement les objections du Maurice chez lequel il vient de se gaver d'un repas &#224; la margarine concoct&#233; par l'&#233;pouse &#224; laquelle incombe &#233;videmment le r&#244;le de cantini&#232;re pour les &#171; camarades &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au fil de cette enfance un peu de traviole et somm&#233;e de se &#171; tenir droit &#187; &#224; table comme &#224; l'&#233;cole, qu'on visite cette &#233;poque de d&#233;cr&#233;pitude de la &#171; gauche &#187;. Petit &#224; petit, tout en secouant le flipper qui emp&#234;che de trop flipper, l'adolescent comprend que son &#171; r&#244;le est d'encaisser les d&#233;faites &#187;. Puis, embauch&#233; par le parti, il constate que celui-ci est un patron comme les autres. Il s'&#233;loigne alors doucement du &#171; romantisme surann&#233; &#187; qui lui avait fait voir dans le parti l'avant-garde d'une r&#233;volution imminente. Il se tourne vers les beaux-arts, &#224; la grande stup&#233;faction du grand-p&#232;re : &#171; artiste ?... Mais pour quoi faire ? &#187; Ponctu&#233; d'une distance humoristique tr&#232;s fine, ce r&#233;cit nous plonge dans un temps que les moins de cinquante ans ne peuvent pas conna&#238;tre, mais qu'il est bon de ne pas consid&#233;rer comme simple pourvoyeur de &#171; m&#233;lancolie &#187; somnif&#232;re, car c'est aussi la matrice des d&#233;sarrois qui hantent notre pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G&#233;rard Lambert-Ullmann&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;St&#233;phane Bonnefoi, &lt;i&gt;Le dernier des communistes,&lt;/i&gt; Finitude, ISBN 9782363393084, 14,50 Euros.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Rroms, ville ferm&#233;e.</title>
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		<dc:creator>G&#233;rard Lambert - Ullmann</dc:creator>



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&lt;p&gt;Rroms, ville ferm&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Imagine, si tu l'oses : un matin quatorze fourgons de CRS et une grue d&#233;barquent chez toi sans pr&#233;venir. Chez toi c'est l&#224; o&#249; tu vis avec ta famille depuis des mois et des ann&#233;es, l&#224; o&#249; tu as install&#233; tes affaires, les objets utiles et ceux auxquels tu tiens. Il y a l'&#233;cole juste &#224; c&#244;t&#233;, les enfants y font leur scolarit&#233;, les enfants ont des copains. Ils d&#233;barquent chez toi et ils d&#233;truisent ta baraque, ne te laissent pas le temps de faire tes bagages et tu te retrouves &#224; la rue sans (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://lescoudeesfranches.ouvaton.org/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Plats du jour&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Rroms, ville ferm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Imagine, si tu l'oses : un matin quatorze fourgons de CRS et une grue d&#233;barquent chez toi sans pr&#233;venir. Chez toi c'est l&#224; o&#249; tu vis avec ta famille depuis des mois et des ann&#233;es, l&#224; o&#249; tu as install&#233; tes affaires, les objets utiles et ceux auxquels tu tiens. Il y a l'&#233;cole juste &#224; c&#244;t&#233;, les enfants y font leur scolarit&#233;, les enfants ont des copains. Ils d&#233;barquent chez toi et ils d&#233;truisent ta baraque, ne te laissent pas le temps de faire tes bagages et tu te retrouves &#224; la rue sans savoir o&#249; tu vas dormir ce soir et les jours d'apr&#232;s. Ils d&#233;truisent ta vie &#224; coups de pelleteuse et de papiers officiels, et tu ne sais ni o&#249; ni comment tu vas la reconstruire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Montreuil (Seine Saint Denis), 30 juillet 2016. &#171; Treize familles sont soudain mises &#224; la rue &#187;. Les ma&#238;tres de la ville ont d&#233;cid&#233; de nettoyer ce qui fait tache sur sa bobo&#239;sation. Les Rroms, qui ont pourtant longtemps fait partie de son folklore,* sont d&#233;sormais cette tache. Surtout quand ce sont des Rroms &#171; &#233;trangers &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le contexte g&#233;n&#233;ral en cette &#233;poque : &#171; Les &#233;trangers les plus pauvres, les plus maltrait&#233;s, les plus en besoin d'&#234;tre accueillis sont pri&#233;s d'aller se faire voir ailleurs que dans le pays des droits de l'homme. &#187; Ils sont frapp&#233;s de cette lettre de cachet r&#233;publicaine : l'OQTF, l'obligation de quitter le territoire fran&#231;ais. Ils n'ont pas donn&#233; assez de &#171; preuves d'insertion &#187;. Pourtant certains vivaient l&#224; depuis des ann&#233;es, travaillaient, avaient des enfants scolaris&#233;s. Mais, &#171; En France, plus tu es pauvre et discrimin&#233;, plus tu dois donner des preuves d'insertion dans la soci&#233;t&#233; qui te rejette. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Montreuil le maire est &#233;tiquett&#233; de gauche, mais &#171; Il n'y a pas de maire de gauche pour les Rroms. &#187; Il faut satisfaire les &#233;lecteurs dont certains radotent la vieille chanson raciste qui fait de tous ces &#171; romanichels &#187; des voleurs. Alors, qu'en fait, le vol le plus abject &#171; c'est la propri&#233;t&#233; &#233;tendue &#224; la totalit&#233; des espaces, le m&#234;me refus de laisser une place &#224; l'autre, la m&#234;me volont&#233; folle de tout s'approprier, de tout mon&#233;tiser, il faut payer, payer, payer pour vivre. &#187; Ceux qui n'ont pas les moyens d'entrer dans cette logique ne peuvent que se voir jet&#233;s de partout. Les &#171; bons &#187; habitants ne veulent pas les voir sous leurs fen&#234;tres. Ce qui invite les d&#233;magogues &#224; d&#233;velopper un &#171; racisme syst&#233;mique envers les Rroms : un ministre les avait d&#233;clar&#233;s culturellement incompatibles, &#224; reconduire &#224; la fronti&#232;re. Des bidonvilles &#233;taient menac&#233;s, attaqu&#233;s, les enfants chass&#233;s par des fouteurs de feu. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Treize familles, 50 personnes, 19 enfants, sont donc jett&#233;s &#224; la rue par surprise en ce d&#233;but de p&#233;riode de vacances d'&#233;t&#233; &#171; b&#233;nie pour les coups bas &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soutenues par un petit collectif de Montreuillois solidaires, ces familles s'installent en camping sauvage sur la place de la mairie. C'est le d&#233;but d'une lutte qui va durer deux ans dans des conditions souvent sordides, dont t&#233;moignent certaines des photos de Gilles Walusinski : pluie, froid, insalubrit&#233;, rats, agressions, interventions polici&#232;res &#171; muscl&#233;es &#187;, arrestations, condamnations. Ce livre en fait le r&#233;cit sans concessions, ni aux arguments &#171; r&#233;alistes &#187; de la x&#233;nophobie masqu&#233;e, ni aux &#171; chromos de la gitanerie d'op&#233;rette fabriqu&#233;s pour la satisfaction des bourgeois &#187;. Loin d'une langue militante scl&#233;ros&#233;e, Juliette Keating, qui fait partie du groupe de soutien, trouve la mani&#232;re de dire avec sensibilit&#233; comment peut se vivre au quotidien le fait d'&#234;tre quelqu'un que bien des gens ne veulent pas voir, quelqu'un qu'ils veulent faire dispara&#238;tre. Comment on encaisse le fait de subir des remarques puantes comme celle de &#171; cette femme qui regrette &#224; voix haute : Dommage qu'Hitler a pas fini le travail. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle constate aussi la distance qu'il y a entre &#171; les personnes solidaires, presque enti&#232;rement de la classe moyenne, preque enti&#232;rement d&#233;tentrices d'un capital culturel &#233;lev&#233;, qui ma&#238;trisent les codes vari&#233;s de la communication orale, &#233;crite, ont une culture politique, l'exp&#233;rience des luttes pass&#233;es, savent comment il faut s'y prendre pour les tracts et la manif, ce qu'il faut dire ou taire, comment se comporter devant les repr&#233;sentants de l'&#233;tat, devant la police &#187;, et les Rroms &#171; pr&#233;caires parmi les pr&#233;caires, racis&#233;s parmi les racis&#233;s &#187; et leur &#171; refus de devenir marchandise de l'&#233;conomie solidaire et sociale, mati&#232;re premi&#232;re pour ces associations subventionn&#233;es de secours aux mis&#233;reux, refus de se plier au jeu de l'oie qu'est l'insertion ou &#224; la fin ils perdent. &#187; Attitude &#171; qui finit par agacer parce qu'elle emp&#234;che la sortie de crise par l'entr&#233;e dans le cadre impos&#233; par le m&#234;me pouvoir qui les a jet&#233;s &#224; la rue. &#187; Attitude qui est &#171; r&#233;sistance &#224; se laisser instrumentaliser &#187;, &#224; se faire &#171; confisquer &#187; leur lutte. Parce qu'ils se rendent compte &#171; qu'il y a autre chose que le seul secours humanitaire, il y a de la politique l&#224; dessous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette attitude &#224; le m&#233;rite de faire comprendre &#224; Juliette Keating qu'elle est &#224; c&#244;t&#233; de la plaque avec &#171; ses bonnes intentions de la classe moyenne de gauche &#187; c'est &#224; dire &#171; de ceux et celles qui choisissent le confort en se demandant pourquoi les autres ne se r&#233;voltent pas &#187;, de ceux et celles qui restent dans &#171; la servitude aux r&#232;gles impos&#233;es par le pouvoir, qui acceptent leur manipulation en r&#226;lant &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprenant &#224; son compte cette judicieuse citation : &#171; Si vous &#234;tes venus pour m'aider vous perdez votre temps. Mais si vous &#234;tes venus parce que votre lib&#233;ration est li&#233;e &#224; la mienne alors luttons ensemble &#187;, elle en conclut que c'est aussi sa lib&#233;ration &#224; elle qui est en jeu dans ce combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son r&#233;cit est celui d'une prise de conscience qui lui a pris &#171; des ann&#233;es. Parce que ce qui arrivait &#233;tait au-del&#224; de l'assimilable par quelqu'un dot&#233; d'un minimum de sensibilit&#233;. Quelqu'un qui croyait, malgr&#233; toutes les &#233;vidences contraires, que dans ce pays on ne laisse pas des enfants vivre dehors. &#187; Au fil des confrontations avec les &#171; autorit&#233;s &#187; et leurs hommes de main, elle d&#233;couvre leur froideur et leur roublardise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle d&#233;cortique la m&#233;canique ignoble qui cherche &#224; briser toute r&#233;sistance : les labyrinthes administratifs con&#231;us pour qu'on s'y perde, les harc&#232;lements &#171; l&#233;gaux &#187;, les interventions polici&#232;res d&#233;lib&#233;r&#233;ment m&#233;chantes : d&#233;chirant les tentes, jetant toutes les affaires personelles aux ordures y compris les jouets, confisquant les portables, et maniant all&#232;grement les lacrymog&#232;nes et matraques. Cette r&#233;pression men&#233;e de plus sous le pr&#233;texte qu'en france &#171; il est interdit de dormir dans la rue &#187;, qui donne &#224; la situation une saveur d'une absurdit&#233; qui serait franchement risible si elle n'&#233;tait si n&#233;faste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cynisme politicard lui saute aussi &#224; la face quand elle demande &#224; un adjoint &#171; ce qui se passerai si par malheur il y avait un enfant mort sur le trottoir. Il m'a r&#233;pondu, c'est un pari. L'action politique implique de prendre des risques. Ce serait la responsabilit&#233; de l'Etat, pas la n&#244;tre. &#187; Toute la rouerie de cet art de botter en touche pour se d&#233;douaner d'un &#233;ventuel m&#233;fait en dit long sur le cloaque dans lequel les protestataires doivent se d&#233;battre. La barbarie &#171; civilis&#233;e &#187; se montre l&#224; dans sa d&#233;solante sournoiserie. Force est de constater que &#171; la muraille s'&#233;l&#232;ve &#224; mesure qu'on s'efforce de la surmonter, s'&#233;paissit quand on cogne dessus &#187; qu'elle &#171; n'a pour la mort des faibles que des larmes de crocodile. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit comment un combat collectif s'&#233;puise. Comment face &#224; la surdit&#233; volontaire et la mauvaise foi des &#171; autorit&#233;s &#187;, au &#171; jeu cruel du pourrissement &#187;, la &#171; lutte bordelique &#187; finit par &#234;tre vaincue, us&#233;e en plus par les &#171; querelles herm&#233;tiques &#187; de &#171; l'arri&#232;re-cuisine militante &#187;. On constate l'&#233;tat dans lequel la d&#233;faite laisse les perdants : &#231;a &#171; ne tue pas d'un coup de fusil dans la nuque au bord d'une fosse &#187; mais &#171; lentement, &#231;a ronge, &#231;a ruine, &#231;a mine de l'int&#233;rieur tripes et t&#234;te. &#187; M&#234;me si on se console en se disant qu'on n'a pas &#233;t&#233; passifs, passives, qu'&#171; on ne s'est pas laiss&#233;es faire &#187;, c'est dur &#224; dig&#233;rer. En fait, &#231;a ne se dig&#232;re pas, on ne peut s'emp&#234;cher de &#171; triturer la plaie &#187;. D'autant que, vicieusement, &#231;a tend &#224; dissuader de se lancer dans de nouveaux combats, donnant ainsi raison aux hommes de pouvoir d'avoir pari&#233; que la lutte s'auto-d&#233;truirait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, &#171; la muraille n'est pas tomb&#233;e, mais a fr&#233;mi &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il est tout &#224; l'honneur des deux auteurs de ce livre d'y avoir contribu&#233; et d'en avoir si bien rendu compte. Comme il est &#224; l'honneur des &#233;ditions L'ire des marges de l'avoir publi&#233;. Car, toujours, &#171; silence et passivit&#233; sont complices des salauds. &#187; Ne pas admettre de subir, ne pas renoncer &#224; lutter est d&#233;j&#224; une victoire. La premi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G&#233;rard Lambert-Ullmann&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Voir &lt;i&gt;Les Roms de Montreuil, 1945-1975, &lt;/i&gt; B&#233;atrice Jaulin, Autrement, 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juliette Keating, Gilles Walusinski, &lt;i&gt;A la rue,&lt;/i&gt; L'ire des marges, 20 euros, &lt;br class='autobr' /&gt;
ISBN 9791092173772&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Fun&#233;raillerie</title>
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		<dc:creator>G&#233;rard Lambert - Ullmann</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Fun&#233;raillerie &lt;br class='autobr' /&gt;
Ceux qui aiment que la vie soit bien rang&#233;e ne doivent pas lire ce livre. Si un texte m&#233;rite le qualificatif charivaresque de &#171; d&#233;jant&#233; &#187;, c'est bien celui l&#224;. Apr&#232;s lecture on en sort &#233;bouriff&#233; et tiraill&#233; entre enthousiasme absolu et ahurissement dubitatif. Son &#233;ditrice le pr&#233;sente comme foisonnant &#171; d'inventions verbales et de loufoqueries po&#233;tiques &#187; au service d'une &#171; autofiction onirique, f&#233;rocement impertinente &#187;. Consid&#233;rons &#231;a comme une description mod&#233;r&#233;e. Disons plut&#244;t qu'on y saute du (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://lescoudeesfranches.ouvaton.org/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Plats du jour&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fun&#233;raillerie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui aiment que la vie soit bien rang&#233;e ne doivent pas lire ce livre. Si un texte m&#233;rite le qualificatif charivaresque de &#171; d&#233;jant&#233; &#187;, c'est bien celui l&#224;. Apr&#232;s lecture on en sort &#233;bouriff&#233; et tiraill&#233; entre enthousiasme absolu et ahurissement dubitatif. Son &#233;ditrice le pr&#233;sente comme foisonnant &#171; d'inventions verbales et de loufoqueries po&#233;tiques &#187; au service d'une &#171; autofiction onirique, f&#233;rocement impertinente &#187;. Consid&#233;rons &#231;a comme une description mod&#233;r&#233;e. Disons plut&#244;t qu'on y saute du coq &#224; l'&#226;ne et de la mouette au chat fouett&#233;. A peine sort-on d'une pochade qu'on a trouv&#233;e un peu tir&#233;e par la perruque qu'on se r&#233;gale d'une trouvaille hilarante. Et, finalement, on a si souvent &#233;clat&#233; de rire qu'on a envie de conseiller le voyage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme qui se souvient de sa mort se souvient en fait de sa vie au moment o&#249; il la quitte. &#199;a commence par une enfance &#233;lev&#233;e &#171; de mani&#232;re rigide et intol&#233;rante &#8211; La moindre des choses quand on d&#233;teste la vie &#187;, bient&#244;t soutenue par l'enfermement sous la f&#233;rule &#171; d'anges noirs au regard d'aigle mont&#233;s sur des miradors en soutane &#187; qui lui r&#233;v&#232;lent la nature de la &#171; loi catholique, simple &#224; comprendre : tout ce qui fait du bien est mal, tout ce qui fait du mal est bien . &#187; On en tire des conclusions nettes : &#171; Dieu n'est jamais inqui&#233;t&#233;. Dans le proc&#232;s de l'univers, il b&#233;n&#233;ficie en g&#233;n&#233;ral d'un non lieu. &#187; L'&#226;ge adulte le confirmera : &#171; La plupart des gens consid&#232;rent les enfants comme des imb&#233;ciles. Par la suite, les tenants du pouvoir prennent les gens pour des enfants et la transitivit&#233; s'op&#232;re. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une plong&#233;e dans la vie de J&#233;zucri, cet &#171; individu crasseux, v&#234;tu d'un vieux-dessus-de-lit, qui arpente les routes de Palestine suivi d'une bande de clochards &#187; en faisant &#171; des tours de prestidigitation mis&#233;rables &#187;, on est convi&#233; &#224; lui pr&#233;f&#232;rer sa copie moderne : Superman, &#171; toujours tir&#233; &#224; quatre &#233;pingles &#187; gr&#226;ce &#224; sa cousine qui lui lave ses collants souill&#233;s &#171; apr&#232;s des heures de vol au dessus de l'Am&#233;rique m&#233;dus&#233;e &#187;, dont les aventures &#171; surpassent de loin l'original du point de vue d&#233;cor et costumes &#187;. Puis, ne me demandez pas par quelle logique, on se trouve chez Louis XVI ce &#171; bon gros coussin mou &#187; qui va regretter bient&#244;t de &#171; regarder l'univers par le trou de la serrure &#187;. On croise l'homme invisible qui &#171; a fait de l'auto-stop dans sa jeunesse mais n'en a pas gard&#233; de bons souvenirs : personne ne s'arr&#234;tait jamais. &#187; Et on se trouve dans les Pyr&#233;n&#233;es, au c&#339;ur de &#171; paysages tr&#232;s beaux, tr&#232;s monotones, qui se laissent regarder avec r&#233;ticence, semblant dire vous pouvez crever, on est l&#224; pour plus longtemps que vous &#187;, que l'on quitte toutefois assez vite parce que &#171; la conversation des moutons est r&#233;duite et constamment surveill&#233;e par des chiens &#187;. Un peu plus tard on va &#171; d&#233;terrer les bunkers &#187; du mur de l'atlantique avec l'ami qui &#171; aime le sport. Il aime qu'il y ait des gagnants et des perdants, des forts et des faibles. Il est de ceux qui hurlent : On a gagn&#233;, sous pr&#233;texte que onze types qu'il ne conna&#238;t ni d'Eve ni d'Adam r&#233;ussissent &#224; mettre un ballon en cage au nom de la patrie. &#187; Et le man&#232;ge s'emballe. On pratique &#233;videmment &#171; l'interm&#232;de sexuel dans des suites royales &#187; tout en pr&#233;venant &#171; les courtisanes &#187; qu'elles &#171; risquent d'&#234;tre tondues &#224; la Lib&#233;ration si elles font allemand en premi&#232;re langue. &#187; Ce qui n'emp&#234;che pas de se poser des questions cruciales : &#171; D&#233;mocrite &#233;tait-il hypocrite ? Hippocrate &#233;tait-il d&#233;mocrate ? &#187; Ce ne sont que quelques p&#233;rip&#233;ties d'une sarabande dans un monde o&#249; &#171; l'absurdit&#233; des arbitraires n'a d'&#233;gale que la b&#233;tise des mystifications. &#187; La vie : &#171; qu&#234;te de l'insaisissable &#187; ? &#199;a en a tout l'air, Mais on y aura rarement &#233;t&#233; aussi follement embarqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G&#233;rard Lambert-Ullmann&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yvan Blanl&#339;il, &lt;i&gt;L'homme qui se souvient de sa mort,&lt;/i&gt; L'ire des marges, ISBN 9791092173468.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Prix Loin du marketing</title>
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		<dc:date>2023-08-20T07:37:52Z</dc:date>
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		<dc:creator>G&#233;rard Lambert - Ullmann</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Prix Loin du marketing Quinzi&#232;me et derni&#232;re &#233;dition &lt;br class='autobr' /&gt;
En quinze ans d'existence, le prix Loin du marketing aura parfaitement r&#233;ussi ce que sa conception supposait : provoquer &#224; son sujet le silence quasi g&#233;n&#233;ral du &#171; milieu &#187; du livre. Il en sort fier de cette omert&#224; qui confirme sa d&#233;marche tr&#232;s clairement annonc&#233;e dans sa pr&#233;sentation : Comme son nom l'indique, le prix Loin du marketing est vou&#233; &#224; honorer un &#233;crivain dont les &#233;diteurs n'ont pas les moyens de se payer placards en ch&#234;ne dans la presse (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Prix &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Loin du marketing&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Quinzi&#232;me et derni&#232;re &#233;dition&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quinze ans d'existence, le prix &lt;i&gt;Loin du marketing&lt;/i&gt; aura parfaitement r&#233;ussi ce que sa conception supposait : provoquer &#224; son sujet le silence quasi g&#233;n&#233;ral du &#171; milieu &#187; du livre. Il en sort fier de cette omert&#224; qui confirme sa d&#233;marche tr&#232;s clairement annonc&#233;e dans sa pr&#233;sentation : Comme son nom l'indique, le prix &lt;i&gt;Loin du marketing&lt;/i&gt; est vou&#233; &#224; honorer un &#233;crivain dont les &#233;diteurs n'ont pas les moyens de se payer placards en ch&#234;ne dans la presse pipeule, attach&#233;es de presse aux jolies menottes, cocktails aux tam-tams et d&#238;ners de connivence, renvois d'ascenseurs et de monte-charges, et, donc, ont peu de chances de voir leurs livres chroniqu&#233;s dans les m&#233;dias, et moins encore d'&#234;tre invit&#233;s par les bonimenteurs des radios et t&#233;l&#233;s, pas plus que d'int&#233;resser la plupart des libraires l'&#339;il scotch&#233; sur le compteur des &#171; meilleures ventes &#187; et contraints de &#171; faire du chiffre &#187; pour payer le loyer. Le prix &lt;i&gt;Loin du marketing&lt;/i&gt; est donc vou&#233; &#224; honorer un &#233;crivain qui n'a pas b&#233;n&#233;fici&#233; des strat&#233;gies con&#231;ues pour que &#231;a marche et qui ne peut compter que sur la qualit&#233; de ses &#233;crits pour qu'on s'y int&#233;resse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait logique que, pi&#233;tinant ainsi les plates bandes du bling-bling &#233;ditorial, ce prix n'ait pas &#233;t&#233; re&#231;u &#224; bras ouverts par cette industrie. Ce n'est &#233;videmment pas ce qu'il cherchait. Son intention &#233;tait moins illusoire et plus humble : attirer un tout petit peu l'attention de quelques lecteurs vers des auteurs maintenus par la brosse &#224; reluire m&#233;diatique dans une &#171; confidentialit&#233; &#187; exsangue. Estimant avoir r&#233;ussi cela, il peut partir content, sur un salut adress&#233; &#224; un de ces &#171; excentriques &#187; qui, &lt;i&gt;dans une qui&#233;tude de flamand rose,*&lt;/i&gt; marche &#224; l'ombre des pyramides friables de la &#171; c&#233;l&#233;brit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le quinzi&#232;me et dernier Prix &lt;i&gt;Loin du marketing &lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
a donc &#233;t&#233; attribu&#233; en ao&#251;t 2023, &lt;br class='autobr' /&gt;
pendant la sieste estivale des commerciaux, &lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; Jo&#235;l Cornuault pour l'ensemble de son &#339;uvre.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire Jo&#235;l Cornuault c'est d&#233;grafer lentement la robe du r&#234;ve dans la mansarde du temps. C'est go&#251;ter &#224; &lt;i&gt;mille id&#233;es d&#233;su&#232;tes &lt;/i&gt; sur la trace de ces moments rares, loin de &lt;i&gt;la pens&#233;e verrouill&#233;e ,&lt;/i&gt; o&#249; &lt;i&gt;le r&#234;ve parvient &#224; pi&#233;ger la r&#233;alit&#233;. &lt;/i&gt; Que ce soit en arpentant les rues de son enfance ou en musardant sur les pas d'Andr&#233; Breton, Elis&#233;e Reclus ou Thoreau, Jo&#235;l Cornuault est un captivant philat&#233;liste d'&#233;motions, chez lequel l'humour caresse une tendresse refusant tout &lt;i&gt;pessimisme cr&#233;pusculaire.&lt;/i&gt; Qui d'autre, de nos jours, fera l'&#233;loge de&lt;i&gt; la courtoisie des batraciens ?&lt;/i&gt; Qui d'autre aura pens&#233; &#224; poser aussi joliment la question cruciale : &lt;i&gt;Mais o&#249; sont les neiges de demain ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jo&#235;l Cornuault, funambule sur mots, a donc bien m&#233;rit&#233; d'&#234;tre le dernier laur&#233;at d'un prix que ce genre de pr&#233;occupation ne laisse pas indiff&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Profitons en &#233;galement pour faire l'&#233;loge de ses &#233;diteurs, ces artificiers insolites qui, avec autant d'&#233;l&#233;gance que de t&#233;nacit&#233;, ont vou&#233; leur vie &#224; faire conna&#238;tre de tels auteurs contre toute &#171; raison &#187; commerciale. Sans eux, le &#171; monde du livre &#187; serait d'une d&#233;solation absolue. Il faut saluer chapeau bas ces sculpteurs du &#171; superflu &#187; sans lequel les relations humaines ne seraient que cliquetis de rouages et la vie un d&#233;primant labeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Salut, donc, et longue vie &#224; tous ces virtuoses de &#171; l'inutile &#187; essentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G&#233;rard Lambert-Ullmann&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* En italique : bribes de textes de Jo&#235;l Cornuault.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bibliographie choisie &lt;br class='autobr' /&gt;
(S&#233;lection parmi les 27 titres &#233;dit&#233;s et les 14 traductions parues depuis 1985)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;G&#233;ographies humaines et autres textes,&lt;/i&gt; Plein Chant, 1985.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Portraits de Florentin, &lt;/i&gt; Plein Chant, 1987.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Les attachements,&lt;/i&gt; Plein Chant, 1989&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Le San Francisco de Kenneth Rexroth,&lt;/i&gt; (Traduction) Plein Chant, 1997&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Souviens-toi de vivre,&lt;/i&gt; Plein Chant, 2001&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;La nuit et le clair de lune, &lt;/i&gt; (Traduction) de Henri David Thoreau, La Br&#232;che, 2002&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Andr&#233; Breton et Saint-Cirq-Lapopie,&lt;/i&gt; Plein Chant, 2003&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Thoreau, dandy crott&#233; &amp; autres portraits am&#233;ricains,&lt;/i&gt; Du Sandre, 2013&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Le sentiment des rues,&lt;/i&gt; Le temps qu'il fait, 2017&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Tes prairies tant et plus, &lt;/i&gt; Pierre Mainard, 2018&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;En lisant, en r&#234;vant,&lt;/i&gt; Le temps qu'il fait, 2023&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jo&#235;l Cornuault est &#233;galement le directeur de la revue &lt;i&gt;Des pays habitables :&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://pierre-mainard-editions.com/authors/1450/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://pierre-mainard-editions.com/authors/1450/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#233;c&#233;dents prix &lt;i&gt;Loin du marketing :&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Lionel Bourg (2009), Pierre Autin-Grenier (2010), Allain Glykos (2011), Fran&#231;oise Moreau (2012), Cathie Barreau (2013), Jacques Josse (2014), Val&#233;rie Rouzeau (2015), Jean Claude Leroy (2016), Fran&#231;ois Thibaux (2017) Lucien Suel (2018), Antoine Choplin (2019), H&#233;l&#232;ne et Jean Fran&#231;ois (2020), Louis Dubost (2021), Thomas Vinau (2022).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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